Greffes de métal et de bois, d'argile et de bronze, alliances de chlorophylle et de plâtre, fusions des éléments...

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Phénomène naturel ..?.. Construction humaine ..?.. Aberration visuelle ..?..   

Depuis le diplôme des beaux-arts de Rennes en 1987, Philippe SAULNIER expose régulièrement .
Un parcours de plasticien nourri d'influences variées, de l'Arte povera à Nils Udo, du Land Art à Gilberto Zorio, en passant par le minimalisme...
Un chemin original où se mêlent son expérience d'ébéniste ,... Giuseppe Penone,... Paul Rebeyrolle,...Franz Krajcberg et les jardins de Le Nôtre, beaucoup de musique et le savoir faire des jardiniers.
Les matières végétales occupent une place centrale dans son travail. Il les utilise le plus souvent brutes, et les combine avec des éléments usinés. Une alliance qui ne va pas sans heurts : les tiges d'aluminium transpercent les branches, le chrome gagne les racines, le grillage enserre une souche...

" Depuis mes premières expérimentations enfantines dans l'environnement naturel du jardin, de la forêt, des champs...
et, par l'intuition du pouvoir expressif et évolutif des formes dans l'espace, je cherche à entretenir un dialogue avec la nature ".

Une mise en scène de la rencontre de deux mondes : la nature, sa diversité, les hasards de ses formes, et un environnement élaboré de main humaine.

" Cet aspect dialectique est toujours présent dans mon travail : d'un côté le désordre prolifique, de l'autre le construit géométrique ".

Dans cette confrontation, les végétaux sont soumis aux avatars de la volonté de domination de l'action humaine. Mais, dans l'univers de Philippe SAULNIER, si les arbres semblent se plier aux exigences de la symétrie, c'est pour souligner ironiquement les contraintes de la règle.
C'est notre image de la nature, belle et très respectable, qui est perturbée par le métal profane du plasticien. Il entretient le trouble... : " J'exclus les éléments réalistes, qui donnent trop de directives à la quête de signification ".
il manipule les pleins et les vides... : " Je viens avec mes propositions, le spectateur, sa perception. Il faut intégrer à l'oeuvre l'espace de ces différents points de vue ".

En ménageant ces interstices, il donne à l'installation une dimension iréelle. Notre imaginaire est sollicité pour investir l'invisible, cet inconnu inquiétant.
Il nous appartient d'affranchir les arbres de leurs tuteurs. Et c'est en invitant chacun à prolonger intimement l'installation que Philippe SAULNIER sème les germes variés d'une nature infinie.
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